Les Cahiers de la Solidarité
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« Le développement de la société civile dans l’Europe du Sud-est : construire l’Europe ensemble » Les 17 et 18 Avril 2008, Bruxelles

Le prochain élargissement de l’Union européenne nous attend. L’Europe s’élargira vers le Sud-est et rencontre ainsi de nouveaux défis : corruption, pauvreté, déficience des structures administratives, énorme pluralité culturelle et sociale dans chaque pays.

L’Europe du Sud-est représente un pont entre l’Occident et l’Orient, elle a été marquée par les révoltes, les guerres et l’interventionnisme de grandes puissances. La Commission européenne espère rencontrer sur son chemin le soutien de la société civile. La conférence des 17 et 18 avril à Bruxelles comptait environ 500 participants et a permis de clairement souligner à quel moment l’aide extérieure serait nécessaire et en quoi la société civile, elle-même, a encore besoin de soutien.

L‘IPA, (l’instrument pour l’assistance à la pré-adhésion) offre son soutien :

Dans le cadre des instruments de préparation, l‘IPA fut présenté comme un dispositif de développement de la société civile « Civil Society Development Facility ». Il doit rentrer en contact avec la société civile de l’Europe du sud-est, la mettre en réseau et la renforcer et ce, au travers de trois composantes :

- Des comités d’action/mouvements de citoyens et des formes de « capacity building »,

- Un programme « People to people » pour les personnes qui peuvent jouer un rôle central dans la diffusion de l’information sur le travail mené par l’UE,

- La promotion des partenariats entre les pays des Balkans.

Dans les 3 années à venir, 130 millions d’euros seront versés au bénéfice de la société civile, 90 millions aux Balkans de l’Ouest et le reste à la Turquie, pour des programmes nationaux, un programme multinational et des initiatives de terrain dans les différents pays.

Comment les organisations de la société civile peuvent-elles être mieux entendues ?

La société civile – comme l’exige la Commission européenne – doit être soutenue et même renforcée dans ses fonctions de « watch-dog ». Plus de groupes, en dehors de ceux proches des gouvernements, doivent être mobilisés.

Feed-backs :

- Énorme besoin de la part de la société civile d’être écoutée et entendue. Les processus de consultation devront aussi être rendus publics lors de rencontres informelles. La Commission dit être ouverte à la critique de la société civile. Les organisations ont une version différente, considérant que la Commission ne les écoute même pas.

- Il y a de la contradiction dans l’air : Comment les instances nationales impliqueront-elles la société civile dans la construction des politiques publiques ? Comment l’UE s’assurera d’une diffusion juste des moyens ? Les partenariats avec le gouvernement ne sont pas une solution au co-financement, car quelles ONGs seront rendues responsables de la surveillance, du contrôle ? Sûrement pas les pourfendeurs du régime. Les responsables de l’UE promettent de surveiller les gouvernements, tout en précisant qu’avant cela, ils doivent bien comprendre les systèmes, pour saisir les faiblesses du dialogue avec les administrations. Les financements de départ pour ces ONGs posent problème : la plupart du temps, elles ne disposent d’aucuns moyens. « Nous ne pouvons pas attendre jusqu’en 2009 – nous avons besoin de soutien dès maintenant ! », s ’exclame une des participantes à la conférence, qui obtient l’approbation unanime de ses collègues.

- Des processus administratifs trop complexes ? Des formations seront nécessaires afin de pouvoir gérer ces subventions. Selon la Commission, c’est la responsabilité du secteur, de devenir une société civile forte, d’échanger, d’exiger des formations et de les mener à bien, d’apprendre à travailler en réseau, à conduire des campagnes et à traiter avec les médias, d’exercer la transparence et de s’unir pour être représentatif. En même temps, les ONGs doivent veiller à leur indépendance et travailler à la pérennité de leurs projets.

Les Droits de l’Homme : Sujet numéro un

S’il y a quelqu’un qui a déjà réussi à mettre tout cela en œuvre, ce sont bien les organisations de défense des droits de l’Homme. Car l’échange d’information et l’indépendance ont toujours eu une importance cruciale pour qui voulait critiquer le gouvernement sur ses agissements en termes de droits de l’Homme. Environ 40 réseaux existent déjà dans ce secteur dans l’Europe du Sud-est. Beaucoup d’entre eux se sont créés sans capital, juste grâce à des contacts. Cependant, la collaboration entre ONGs est parfois difficile, surtout, lorsqu’elles n’ont pas les mêmes moyens.

Comment s’oriente le dialogue civil dans l’Europe du Sud-est ?

Selon un représentant de la Commission, la société civile n’est pas encore suffisamment ancrée dans les pays candidats à l’adhésion et les volontés de coopération des gouvernements sont encore limitées : il faudra que cela change. La Commission ira prendre connaissance sur place des messages de la société civile par l’intermédiaire de rapports ou de tables rondes. Elle fera, certes, majoritairement appel à de grosses organisations mais au travers de conférences et aides aux projets montés, des petites organisations pourront aussi prendre part à cette consultation. Dans cette phase, leurs commentaires sont importants, de même que leur fonction d’intermédiaire vis-à-vis des gouvernements.

« Le dialogue avec la société civile ne peut pas être une condition. Nous pouvons seulement inciter les gouvernements nationaux à respecter le dialogue civil ». Pour les consultations, les ONGs au carrefour de plusieurs thématiques seront fortement mises à contribution, ce qui aura un impact sur la volonté de s’unir de certaines organisations. Ceci aidera les organisations de la société civile à installer un meilleur dialogue avec leurs gouvernements et aidera la Commission européenne à repérer rapidement qui doit être consulté.

Bilan : Une participation souhaitée et promue

Un dialogue systématique avec la société civile est ainsi souhaité et sera assuré par la DG Elargissement, sous la forme d’un site Internet qui sera une plateforme mise à disposition pour l’échange d’expériences et d’informations avec la Commission.

Yngve Engström, la directrice de ce nouveau dispositif au service de la société civile, a invité les participants à profiter des services offerts par la Commission.

Christiana Weidel, The World of NGOs
Traduit par Pour la Solidarité

 


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