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Trois questions à Jean-Marc Delizée

Après 15 mois de travail en qualité de Secrétaire d’Etat à la Lutte contre la Pauvreté, Jean-Marc Delizée s’est vu confier de nouvelles compétences. Il occupe, depuis mi-juillet 2009, le poste de Secrétaire d’Etat aux Affaires sociales, chargé des Personnes handicapées. L’occasion de nous parler de son action en la matière au sein du gouvernement fédéral.

Comment appréhendez-vous votre fonction ?


Jean-Marc DELIZEE : La politique des Personnes handicapées est un thème complexe, qui relève à la fois des compétences des Communautés, des Régions, des autorités fédérales et internationales. Il s’agit d’une compétence transversale, avec tous ses problèmes, mais aussi toutes ses richesses.

 

Pour être efficace dans ce cadre et faire progresser l’inclusion des personnes en situation de handicap, je dois agir dans plusieurs domaines et me concerter avec mes collègues des différents niveaux de pouvoir. Je peux compter pour ce faire sur mes collègues socialistes et plus particulièrement sur Laurette ONKELINX et Eliane TILLIEUX.

 

En tant que Secrétaire d’Etat aux Affaires sociales chargé des Personnes handicapées, je me veux le moteur d’une politique inclusive pour les personnes qui vivent avec un handicap. Je me suis donc investi dans un rôle de coordinateur de cette politique au niveau fédéral, mais également au sein de la Conférence Interministérielle (CIM) handicap, que je préside, en pratiquant, de manière ciblée, un fédéralisme de coopération.

 

La Belgique qui assurera en 2010 la Présidence de l’Union Européenne peut aussi apporter un élan supplémentaire. Il faut veiller à ce que le programme intègre la question du handicap dans toute sa transversalité.

 


Quelles sont vos priorités dans le cadre de cette CIM ?


Jean-Marc DELIZEE : Cette Conférence interministérielle a pour but de mener une politique intégrée en faveur des personnes en situation de handicap. Pour atteindre ce but, elle examine les différents dossiers qui relèvent de la compétence à la fois de l’Etat fédéral et des différentes entités fédérées, comme les questions de la grande dépendance, la mobilité et l’emploi des personnes handicapées, le remboursement des chaises roulantes ou la situation des aidants proches.
Elle a pour mission, également, d’assurer concrètement la mise en œuvre du suivi de la Convention des Nations-Unies sur les droits des personnes en situation de handicap.

 


Pour moi, cette Convention est un levier formidable pour une politique d’intégration. Il faut la pousser au plan européen et l’implémenter dans nos législations en Belgique. Il faut passer de la théorie à la pratique. Ce n’est pas une mince affaire ! Un traité n’a de sens que s’il est appliqué ! Cela nécessite, à mes yeux, l’implication et la participation du secteur ainsi qu’un consensus politique. Cela signifie une totale coordination et collaboration entre le Gouvernement fédéral, les Communautés et les Régions. Le handicap est l’affaire de tous !

 

Outre l’implémentation de la Convention des Nations-Unies, quel défi particulier souhaiteriez-vous relever d’ici la fin de la législature ?


Ils sont nombreux (œuvrer à une meilleure information et une meilleure visibilité des services ou dispositifs existants ; accélérer et améliorer le traitement des dossiers des allocations par l’information progressive des procédures administratives et médicales ; améliorer la participation des personnes en situation d’handicap à la vie sociétale, par une meilleure accessibilité (bâtiments publics, SNCB, poste, justice, assurances...) et une meilleure mobilité (cartes de stationnement notamment)...).

 

Mais mon souhait le plus cher est d’initier une réflexion sur le système même des allocations qui, selon moi, ne répond plus aux besoins des personnes en situation de handicap. Je veux jeter les bases d’une réforme à poursuivre. Notre législation date de 1987. Elle est vieille de 23 ans et on lui a collé des dizaines d’arrêtés royaux qui la rendent lourde.

 

Certes, cette législation de 1987 représentait en soi une sérieuse évolution par rapport à la loi de 1969 qui parlait d’octroyer des allocations à des estropiés et des infirmes nécessiteux. Une vision très dévalorisante. La loi actuelle parle de personnes en situation de handicap mais elle a une vision très statique de ces personnes. Aujourd’hui, celles-ci ont une vie, bougent, peuvent avoir un emploi, une vie affective... Notre législation n’est plus adaptée.

Je veux qu’on réunisse tous les acteurs pour bien identifier les problèmes. Le système a été complexifié par un tas de mécanismes de contrôles et de sur-contrôles. Ils sont importants. Il faut les simplifier et accélérer les procédures. Cette réflexion sera lancée dans les prochaines semaines.

 

 


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